Jusqu’en 1858, la marinière n’est pas rayée ! C’est une blouse avec un grand col bateau.

 En 1858, la marine réglemente la marinière (appelée tricot rayée à l’époque) en en donnant une description très précise : « 21 raies blanches larges de 20mm et 20 ou 21 raies bleues larges de 10mm »  et  « 15 raies blanches et 14 ou 15 raies bleues » pour les manches.

L’approximation entre 14 ou 15 rayure est due au fait qu’il n’y a qu’une seule couture sur le vêtement donc au moment de la coupe, une rayure pouvait passer à l’as ! Une seule couture car sur un bateau, mieux vaut éviter tout ce qui est boutons, coutures etc pour ne pas se prendre dans les cordages (oups).

La légende dit que les rayures permettaient de mieux repérer les marins tombés à l’eau (nous on aurait plutôt choisi du jaune ou du rouge, mais bon). Mais plus récemment on a appris que les rayures permettaient en fait de réaliser des économies de teinture indigo, à l’époque très onéreuse !

L’apparition de la marinière dans la mode

En 1916 Coco Chanel introduit, non pas la marinière rayée, mais le col marin qu’elle féminise et fluidifie, au travers d’une blouse en soie. Coco Chanel porte cependant le tricot rayé mais ne le proposera jamais dans ses collections.

Jean-Luc Godard reprendra l’idée de Chanel en faisant porter la fameuse « marinière » actuelle (tricot rayé) à Brigitte Bardot dans son film Le Mépris en 1963. Au tour d’Yves Saint-Laurent de twister la marinière en robe à sequins portée par Catherine Deneuve en 1966.

En 1978, lors de son premier défilé, Jean Paul Gauthier met en scène la marinière. Mais c’est le coup d’éclat quand en 1983 il en fait la pièce phare de son défilé « Toy Boy ». La marinière restera sa marque de fabrique.

En 2011, Karl Lagerfeld la fait même porter à l’équipe de France de foot !

Bref, aujourd’hui la marinière est un intemporel mixte à mixer à l’infini !